dimanche 11 octobre 2009

Polina Petrouchina




Découverte complètement par hasard, Polina Petrouchina ! Un dessinateur finlandais m'a parlé d'un festival de bande dessinée ayant lieu en Russie, à St Petersburg. Je suis allée jeter un coup d'œil sur le site du festival, et c'est comme ça que j'ai découvert le travail de Polina. Polina vivant en France, j'ai depuis eu l'occasion de la rencontrer et de voir son travail. Et quel travail ! Car Polina ne se contente pas de faire de la bande dessinée sur papier, elle en réalise en tissu, sur du carrelage, en fait même des robes… Son travail est non seulement créatif au niveau de la variété des supports et des techniques. Les idées de Polina sont d'une grande inventivité sur bien d'autres plans. Je pense notamment à sa planche basée sur le concept suivant : un personnage arrive dans une maison, et une scène se passe dans chacune des pièces, le trajet entre les pièces matérialisant finalement la mise en marche de l'imagination du lecteur entre les cases.

Certaines de ses histoires sont comme des petites chorégraphies : motifs, mouvement, rythme. D'autres s'inspirent du patrimoine culturel russe : chansons (comme pour sa planche Le Chat noir, qui s'inspire d'une chanson de Bulat Akudjava, un chanteur russe du siècle passé, le chat monstrueux représentant l'oppression du système soviétique), ou textes. Polina va du burlesque à l'onirisme, avec de petites notes qui peuvent être aussi cruelles qu'humoristiques.

Toutes les images ci-dessus proviennent de son blog, mis en lien ici-même.

Image 1 : Le Chat noir
Image 2 : La fameuse maison 
Image 3 : bande dessinée en tissu, représentant pour Polina sa vision de l'auteur de bande dessinée

lundi 5 octobre 2009

TMEIO#1 : True Story




Je n'y connais rien en photo, je me balade juste sur Diary, et PonyXpress de temps en temps. Mais voilà, les éditions FP & CF viennent de sortir le premier numéro de leur revue de photo participative Tell Mum Everything Is Ok, et le résultat est vraiment réussi : choix des photos, maquette, papier… La preuve, TEIMO#1 est déjà épuisé !
Longue vie à la maison d'édition et à la revue ! Rendez-vous sur le site des éditions pour participer au prochain numéro, commander TMEIO, adhérer à l'association et réduire vos impôts à coup de mécénat.
Notez aussi leur super petit logo, aussi ludique qu'inventif.


Photo : Muge Tang

dimanche 27 septembre 2009

Aujourd'hui n'existe pas





Un titre désenchanté pour un livre qui ne l'est pas moins… Une noirceur crue en émane. Les différentes histoires qui composent Aujourd'hui n'existe pas fixent des instants de la vie, certaines sont autobiographiques, d'autres pas, mais nombre de ces fragments évoquent la peur du devenir. L'auteure, Ancco, est une jeune coréenne de 26 ans, avec déjà un livre à son actif édité en France, chez Picquier.
Les adolescents dépeints par Ancco se réjouissent de trouver par terre des mégots de cigarettes pas entièrement consumés et les terminent, ou traînent dans les rues à la recherche d'alcool, fuyant le lycée professionnel où ils ne s'imaginent pas d'avenir. Ancco adapte également une partie du journal anonyme d'un jeune homme atteint du sida, publié sur Internet (The Life).
 En filigrane, l'auteure parle de son pays, la Corée du Sud. Le personnage de Mémé, une vieille femme très modeste tant dans ses attitudes que de par ses origines, si décalé et si seul dans cette société devenue en très peu de temps l'une des économies les plus puissantes du monde, est très touchant. On croise également la figure d'un père tout puissant et violent. 
Le seul rayon de soleil se dégage, quel cynisme, des portraits… de chiens. Tout d'un coup, on trouve humour et douceur. 
Car si les récits sont assez durs, le trait ne l'est pas moins, les lignes tranchent et s'imposent avec netteté.
Mais Aujourd'hui n'existe pas ne semble pas pour autant sans espoir, car raconter, dessiner, fait sens. Ce livre certes déroutant vaut le détour, et la beauté graphique, pourtant assez austère, de certaines pages, notamment dans The Life, y contribue bien sûr.

Aujourd'hui n'existe pas, Ancco, éditions Cornélius

mercredi 9 septembre 2009

Expositions




Il y en a certainement plein d'autres dans tout Paris, mais je n'en citerai que deux.

Ludovic Debeurme exposera les dessins qu'il a réalisés pour le livre/cd Le Lac aux Vélies (éditions Futuropolis), en collaboration avec le musicien Nosfell, à l'espace Éof (15, rue Saint Fiacre 75002 Pais), du 10 au 19 septembre.

Joanna Hellgren verra elle ses dessins et planches présentés au café de l'Institut suédois (11, rue Payenne 75003 Paris) du 18 septembre au 25 octobre.

lundi 31 août 2009

Zoé Jusseret




Encore une jolie découverte, que je  gardais pour la "rentrée" histoire que Zoé Jusseret, jeune auteur de bande dessinée qui nous vient de Belgique, n'échappe pas à vos yeux connaisseurs et à votre sensibilité grandiose.
Zoé a simplement publié pour le moment sur le bien connu site Grandpapier, mais aussi dans le cadre de projets collectifs initiés par son école, l'Institut St Luc, comme 2048. Elle tient très irrégulièrement un blog où les lecteurs curieux lui demandent forcément « Mais quelle technique utilises-tu ?? »
Voici la réponse provenant du clavier-même de l'intéressée : « J'utilise surtout la technique du monotype. J'étale de la peinture à huile sur une plaque de verre. Je pose ma feuille dessus et dessine. Le dessin s'imprime sur le verso. Après, la matière vient de la manière dont j'étale la peinture à huile sur la plaque soit par pinceau, soit par rouleau. Avec le pinceau, j'obtiens un rendu proche d'une gravure sur bois, enfin, avec un effet un peu strié. »
Admirez l'effet obtenu en cliquant sur les images… Zoé Jusseret use d'une technique originale qui sied parfaitement à son univers à la fois sensible et plein d'étrangeté. Douée de grandes qualités graphiques, tant au niveau du trait que de la couleur ou la texture, je ne demande qu'à voir comment va évoluer sa manière de raconter des histoires, jusqu'ici courtes. Car le travail de Zoé n'est pas que « joli », il évoque de manière personnelle des thèmes comme la solitude, l'angoisse, le rapport à la féminité, l'ambiguité enfance/âge adulte. 


Image 1 : La Fille seule
Image 2 : 24h de la BD 2009
Image 3 :Pissenlit

lundi 3 août 2009

Grizzly Bear : Veckatimest


Un groupe et un album découverts complètement par hasard chez Philippe le libraire, qui a quelques disques en dépôt… Je ne connaissais absolument pas Grizzly Bear, groupe paraît-il en plein essor…
Depuis hier, j'écoute et réécoute All we ask, Fine for now  et Ready, able.
Le premier morceau cité s'ouvre sur de claires notes de guitare sèche, cristallines… Puis une voix tout aussi lumineuse s'élève. Et là, la musique décolle jusqu'à je ne sais où. La structure, complexe mais pas lourde ou inaccessible, constitue comme des volutes. Chœurs, orchestration, mélodie, tout s'épanouit avec délicatesse et légèreté. Un vrai bonheur.
Fine for now démarre lui aussi avec une espèce de pureté des voix et des sons, la mélopée s'installe, s'enrichit, s'amplifie… Encore une douce envolée.
Quant à Ready, Able… Il commence avec une sourde flopée de notes électriques, puis cette charge se brise, le morceau se fait entêtant, fragile, riche de multiples sons… On pourrait le comparer aux  fragments de couleurs s'imbriquant les uns les autres et qui composent la pochette et le livret… 
Difficile de décrire cette pop subtile et belle, bricolée et éthérée. C'est construit, chaque élément est à sa place et je trouve révèle les autres dans toute leur harmonie. On pourrait croire à mon vocabulaire que je parle d'une espèce de musique céleste, alors que vraiment je ne voudrais pas tomber dans la mièvrerie, mais cependant l'impression que cette musique suscite en moi est assez semblable à une sensation d'apaisement. 
Je suis mièvre depuis le début. Tant pis. 

dimanche 26 juillet 2009

Geneviève Castrée




Geneviève Castrée n'est pas seulement une dessinatrice dont l'univers me touche beaucoup, habité par des êtres perdus et des fantômes, empreint de noirceur et de délicatesse, et d'intérêt pour les gens, le monde qui l'entoure, elle est aussi une musicienne talentueuse (sous le nom d'Ô Paon), particulièrement émouvante, que j'ai eu la chance de voir en concert lors de son passage au festival Périscopages à Rennes en juin dernier. Elle joue seule, s'accompagnant de sa guitare et enregistrant des boucles de sa voix si poignante. Voici un lien qui vous permettra d'écouter le concert qu'elle a donné à Nantes à la même époque (merci Jet FM). Personnellement, je ne me remets pas du morceau Chevaux, qui raconte une course infernale… 


Livres :
Pamplemoussi, éditions L’Oie de Cravan, 2004.
Roulathèque Roulathèque Nicolore, éditions L’Oie de Cravan, 2001.
Die Fabrik, éditions REPRODUKT, 2000.
Lait Frappé, éditions L’Oie de Cravan, 2000.
Une histoire dans le dernier Lapin, éditions L'Association

Disques
a)b)c)d)e), 2009
Le niveau de la mer/bête à cheval, K-Records, 2007.
The Watery Graves of Portland and/et Geneviève Castrée,
Marriage Records, 2007.
Tout Seul dans la Forêt en Plein Jour, Avez-Vous Peur?, K-Records, 2007.

Discographie et bibliographie recueillies sur le site de Périscopages.