jeudi 31 décembre 2009

Vivement 2010


Du fond de mon lit j'affirme avoir hâte de lire quelques bandes dessinées à paraître en 2010 :

Des Berniques de Sébastien Lumineau
Frances 2 de Joanna Hellgren
– le prochain livre de Dominique Goblet !

Image : Sébastien Lumineau pour Le nouveau journal de Judith et Marinette

lundi 21 décembre 2009

Non-anniversaire: Lait frappé





J'ai trouvé hier Lait frappé de Geneviève Castrée (L'oie de Cravan). Ce fût un joyeux non-anniversaire.
Lait frappé est une succession de neuf histoires, toutes dotées d'un titre russe, et sans paroles. Mais il n'empêche évidemment que le langage soit riche… Images fortes, émotions si vives que tout déborde : l'amour, le désir, la solitude, les vieux démons ou la part de soi qui échappe constamment… 
Il est fascinant de voir comment l'auteure transforme/transcende peur, sensibilité extrême, violence intérieure par le dessin. Elle semble être son propre laboratoire d'observation de l'humain : ses histoires sombres et fantasmatiques évoquent ici souvent l'identité, une profonde dualité. Quant à aimer ? Être deux ? Se retrouver dans l'autre ? S'y perdre ?
En tous cas une formidable écriture, toute de noirceur et candeur à la fois.

Lait frappé, Geneviève Castrée, L'Oie de Cravan

dimanche 11 octobre 2009

Polina Petrouchina




Découverte complètement par hasard, Polina Petrouchina ! Un dessinateur finlandais m'a parlé d'un festival de bande dessinée ayant lieu en Russie, à St Petersburg. Je suis allée jeter un coup d'œil sur le site du festival, et c'est comme ça que j'ai découvert le travail de Polina. Polina vivant en France, j'ai depuis eu l'occasion de la rencontrer et de voir son travail. Et quel travail ! Car Polina ne se contente pas de faire de la bande dessinée sur papier, elle en réalise en tissu, sur du carrelage, en fait même des robes… Son travail est non seulement créatif au niveau de la variété des supports et des techniques. Les idées de Polina sont d'une grande inventivité sur bien d'autres plans. Je pense notamment à sa planche basée sur le concept suivant : un personnage arrive dans une maison, et une scène se passe dans chacune des pièces, le trajet entre les pièces matérialisant finalement la mise en marche de l'imagination du lecteur entre les cases.

Certaines de ses histoires sont comme des petites chorégraphies : motifs, mouvement, rythme. D'autres s'inspirent du patrimoine culturel russe : chansons (comme pour sa planche Le Chat noir, qui s'inspire d'une chanson de Bulat Akudjava, un chanteur russe du siècle passé, le chat monstrueux représentant l'oppression du système soviétique), ou textes. Polina va du burlesque à l'onirisme, avec de petites notes qui peuvent être aussi cruelles qu'humoristiques.

Toutes les images ci-dessus proviennent de son blog, mis en lien ici-même.

Image 1 : Le Chat noir
Image 2 : La fameuse maison 
Image 3 : bande dessinée en tissu, représentant pour Polina sa vision de l'auteur de bande dessinée

lundi 5 octobre 2009

TMEIO#1 : True Story




Je n'y connais rien en photo, je me balade juste sur Diary, et PonyXpress de temps en temps. Mais voilà, les éditions FP & CF viennent de sortir le premier numéro de leur revue de photo participative Tell Mum Everything Is Ok, et le résultat est vraiment réussi : choix des photos, maquette, papier… La preuve, TEIMO#1 est déjà épuisé !
Longue vie à la maison d'édition et à la revue ! Rendez-vous sur le site des éditions pour participer au prochain numéro, commander TMEIO, adhérer à l'association et réduire vos impôts à coup de mécénat.
Notez aussi leur super petit logo, aussi ludique qu'inventif.


Photo : Muge Tang

dimanche 27 septembre 2009

Aujourd'hui n'existe pas





Un titre désenchanté pour un livre qui ne l'est pas moins… Une noirceur crue en émane. Les différentes histoires qui composent Aujourd'hui n'existe pas fixent des instants de la vie, certaines sont autobiographiques, d'autres pas, mais nombre de ces fragments évoquent la peur du devenir. L'auteure, Ancco, est une jeune coréenne de 26 ans, avec déjà un livre à son actif édité en France, chez Picquier.
Les adolescents dépeints par Ancco se réjouissent de trouver par terre des mégots de cigarettes pas entièrement consumés et les terminent, ou traînent dans les rues à la recherche d'alcool, fuyant le lycée professionnel où ils ne s'imaginent pas d'avenir. Ancco adapte également une partie du journal anonyme d'un jeune homme atteint du sida, publié sur Internet (The Life).
 En filigrane, l'auteure parle de son pays, la Corée du Sud. Le personnage de Mémé, une vieille femme très modeste tant dans ses attitudes que de par ses origines, si décalé et si seul dans cette société devenue en très peu de temps l'une des économies les plus puissantes du monde, est très touchant. On croise également la figure d'un père tout puissant et violent. 
Le seul rayon de soleil se dégage, quel cynisme, des portraits… de chiens. Tout d'un coup, on trouve humour et douceur. 
Car si les récits sont assez durs, le trait ne l'est pas moins, les lignes tranchent et s'imposent avec netteté.
Mais Aujourd'hui n'existe pas ne semble pas pour autant sans espoir, car raconter, dessiner, fait sens. Ce livre certes déroutant vaut le détour, et la beauté graphique, pourtant assez austère, de certaines pages, notamment dans The Life, y contribue bien sûr.

Aujourd'hui n'existe pas, Ancco, éditions Cornélius

mercredi 9 septembre 2009

Expositions




Il y en a certainement plein d'autres dans tout Paris, mais je n'en citerai que deux.

Ludovic Debeurme exposera les dessins qu'il a réalisés pour le livre/cd Le Lac aux Vélies (éditions Futuropolis), en collaboration avec le musicien Nosfell, à l'espace Éof (15, rue Saint Fiacre 75002 Pais), du 10 au 19 septembre.

Joanna Hellgren verra elle ses dessins et planches présentés au café de l'Institut suédois (11, rue Payenne 75003 Paris) du 18 septembre au 25 octobre.

lundi 31 août 2009

Zoé Jusseret




Encore une jolie découverte, que je  gardais pour la "rentrée" histoire que Zoé Jusseret, jeune auteur de bande dessinée qui nous vient de Belgique, n'échappe pas à vos yeux connaisseurs et à votre sensibilité grandiose.
Zoé a simplement publié pour le moment sur le bien connu site Grandpapier, mais aussi dans le cadre de projets collectifs initiés par son école, l'Institut St Luc, comme 2048. Elle tient très irrégulièrement un blog où les lecteurs curieux lui demandent forcément « Mais quelle technique utilises-tu ?? »
Voici la réponse provenant du clavier-même de l'intéressée : « J'utilise surtout la technique du monotype. J'étale de la peinture à huile sur une plaque de verre. Je pose ma feuille dessus et dessine. Le dessin s'imprime sur le verso. Après, la matière vient de la manière dont j'étale la peinture à huile sur la plaque soit par pinceau, soit par rouleau. Avec le pinceau, j'obtiens un rendu proche d'une gravure sur bois, enfin, avec un effet un peu strié. »
Admirez l'effet obtenu en cliquant sur les images… Zoé Jusseret use d'une technique originale qui sied parfaitement à son univers à la fois sensible et plein d'étrangeté. Douée de grandes qualités graphiques, tant au niveau du trait que de la couleur ou la texture, je ne demande qu'à voir comment va évoluer sa manière de raconter des histoires, jusqu'ici courtes. Car le travail de Zoé n'est pas que « joli », il évoque de manière personnelle des thèmes comme la solitude, l'angoisse, le rapport à la féminité, l'ambiguité enfance/âge adulte. 


Image 1 : La Fille seule
Image 2 : 24h de la BD 2009
Image 3 :Pissenlit

lundi 3 août 2009

Grizzly Bear : Veckatimest


Un groupe et un album découverts complètement par hasard chez Philippe le libraire, qui a quelques disques en dépôt… Je ne connaissais absolument pas Grizzly Bear, groupe paraît-il en plein essor…
Depuis hier, j'écoute et réécoute All we ask, Fine for now  et Ready, able.
Le premier morceau cité s'ouvre sur de claires notes de guitare sèche, cristallines… Puis une voix tout aussi lumineuse s'élève. Et là, la musique décolle jusqu'à je ne sais où. La structure, complexe mais pas lourde ou inaccessible, constitue comme des volutes. Chœurs, orchestration, mélodie, tout s'épanouit avec délicatesse et légèreté. Un vrai bonheur.
Fine for now démarre lui aussi avec une espèce de pureté des voix et des sons, la mélopée s'installe, s'enrichit, s'amplifie… Encore une douce envolée.
Quant à Ready, Able… Il commence avec une sourde flopée de notes électriques, puis cette charge se brise, le morceau se fait entêtant, fragile, riche de multiples sons… On pourrait le comparer aux  fragments de couleurs s'imbriquant les uns les autres et qui composent la pochette et le livret… 
Difficile de décrire cette pop subtile et belle, bricolée et éthérée. C'est construit, chaque élément est à sa place et je trouve révèle les autres dans toute leur harmonie. On pourrait croire à mon vocabulaire que je parle d'une espèce de musique céleste, alors que vraiment je ne voudrais pas tomber dans la mièvrerie, mais cependant l'impression que cette musique suscite en moi est assez semblable à une sensation d'apaisement. 
Je suis mièvre depuis le début. Tant pis. 

dimanche 26 juillet 2009

Geneviève Castrée




Geneviève Castrée n'est pas seulement une dessinatrice dont l'univers me touche beaucoup, habité par des êtres perdus et des fantômes, empreint de noirceur et de délicatesse, et d'intérêt pour les gens, le monde qui l'entoure, elle est aussi une musicienne talentueuse (sous le nom d'Ô Paon), particulièrement émouvante, que j'ai eu la chance de voir en concert lors de son passage au festival Périscopages à Rennes en juin dernier. Elle joue seule, s'accompagnant de sa guitare et enregistrant des boucles de sa voix si poignante. Voici un lien qui vous permettra d'écouter le concert qu'elle a donné à Nantes à la même époque (merci Jet FM). Personnellement, je ne me remets pas du morceau Chevaux, qui raconte une course infernale… 


Livres :
Pamplemoussi, éditions L’Oie de Cravan, 2004.
Roulathèque Roulathèque Nicolore, éditions L’Oie de Cravan, 2001.
Die Fabrik, éditions REPRODUKT, 2000.
Lait Frappé, éditions L’Oie de Cravan, 2000.
Une histoire dans le dernier Lapin, éditions L'Association

Disques
a)b)c)d)e), 2009
Le niveau de la mer/bête à cheval, K-Records, 2007.
The Watery Graves of Portland and/et Geneviève Castrée,
Marriage Records, 2007.
Tout Seul dans la Forêt en Plein Jour, Avez-Vous Peur?, K-Records, 2007.

Discographie et bibliographie recueillies sur le site de Périscopages.

samedi 11 juillet 2009

Fanny Michaëlis




J'aime beaucoup le travail de Fanny Michaëlis. Ses histoires sont comme des contes, de par leur dimension à la fois merveilleuse et un peu angoissante.
Elle a participé au collectif édité par Blanquet, Tendon revolver, et a publié  Avant mon père aussi était un enfant, que vous pourrez lire en ligne sur le site Grandpapier, administré par L'Employé du Moi.
Le blog des éditions Cornélius, www.cornelius.fr/blog/, indique que vous pourrez l'écouter chanter demain 12 juillet à partir de 17h à la librairie BD Spirit, 69, rue Labat 75018 Paris. Elle sera pour ce concert aux côtés de Charles Berberian, Ludovic Debeurme, David Scrima, Vincent Ozano et autres invités pour une Endless summer party !

www.grandpapier.org/_Fanny-Michaelis_ (images 1 et 2, Avant mon père aussi était un enfant)
http://fannymichaelis.ultra-book.com/ (image 3, Plumes souterraines)

mardi 30 juin 2009

Corr&spondance, suite

Vous pouvez écoutez la discussion entre JC Menu et Christian Rosset, autour du corps et du dessin, organisée par Périscopages, lors des Assises de la bande dessinée indépendante qui ont eu lieu du 4 au 7 juin 2009 sur le site de Jet FM :

dimanche 28 juin 2009

Concert et rencontre chez Philippe le libraire




Homecooking est une toute nouvelle maison édition lancée par une ancienne du feu et excellent magazine L'Œil Électrique. À l'occasion de la sortie de deux ouvrages, Jour de lumière, roman écrit par Sébastien Doubinsky, illustré en dessins par EM et en musique par Profondo Rosso, et Doug & Buster ordibook, livre-objet et livre-jeu réalisé par Tofépi, Philippe le libraire nous convie à une rencontre avec les auteurs et à un concert de Profondo Rosso dans son accueillante librairie sise 32, rue des Vinaigriers 75010 Paris le 8 juillet.

EM est un talentueux dessinateur (Chez Jérôme Comix, Dessins, collectifs La Chose, Le nouveau journal de Judith et Marinette), spécialiste des nuages : www.maher.free.fr/dotclear/index.php
Tofépi est un drôlatique auteur de bandes dessinées (Le nouveau journal de Judith et Marinette, Les Carroulet au Seuil, Poko Woki chez Delcourt)
Profondo Rosso est un duo musical laissant toute latitude à l'imagination : www.profondo.free.fr
Sébastien Doubinsky est encore un inconnu pour moi mais je fais confiance à Homecooking… Renseignements sur le site de la maison d'édition comme ça vous pourrez découvrir le catalogue.



vendredi 12 juin 2009

Corr&spondance



Un petit livre très intéressant vient de naître d'un partenariat entre L'Association et le festival Périscopages. Corr&spondance retrace un échange de mails entre J-C Menu et Christian Rosset sur la question du rapport au corps dans l'art et plus particulièrement dans la pratique de la bande dessinée. À travers la pratique du dessin particulière à Menu et l'expérience d'écrivain ou compositeur de Rosset sont abordées des questions très intéressantes : alors que l'occupation de l'espace de l'auteur de bande dessinée est bien souvent moindre, quel rapport a-t'il à son propre corps lorsqu'il travaille ? Quelle conscience en a-t'il ? Comment le corps s'incarne-t'il dans le dessin lorsque l'auteur se représente ? Rosset et Menu évoquent ainsi l'idée "d'auto-archétype" : le dessinateur se représente toujours à peu près de la même manière, via des caractéristiques récurrentes et signifiantes qui le rendent immédiatement reconnaissable sans pour autant que la représentation soit fidèle, que des questions comme l'âge et donc le temps interviennent… car finalement, ainsi que Menu se pose la question : n'est-ce pas par son trait, son style que l'auteur s'incarne, se reconnaît ? 
Cet ouvrage mènera j'espère à la poursuite de cette réflexion et de cette correspondance, ainsi qu'à un autre livre… 

On peut se procurer cet ouvrage à l'excellente librairie Alphagraph, 5 rue d’Echange 35000 Rennes ou en adressant un chèque de 8 euros à Périscopages - 2, rue d’Andorre - 35200 Rennes (envoi sous 8 jours)

mercredi 20 mai 2009

La grande vie…


Quel titre caustique et plein de cynisme. Oui, vous allez rire, mais jaune… La grande vie narre le quotidien morne d'Adolphe Marlaud, petit homme sans envergure ni espérance particulières, habitant un appartement avec vue sur le cimetière, rue Froidevaux (et ce n'est pas une blague, la rue existe vraiment et longe effectivement le cimetière Montparnasse), d'où il surveille la tombe de son père. Lui même est surveillé par l'énorme Madame C., concierge, qui l'étouffe entre ses gigantesque mamelles et l'appelle son « petit chat bleu ». Adolphe Marlaud se décrit comme un «détenu modèle » ; il dit vouloir « vivre le moins possible pour souffrir le moins possible ». Cette nouvelle de Jean-Pierre Martinet évoque la solitude, la commune bêtise, un certain dégoût du genre humain, on ressent à la lecture un malaise mêlé pourtant aux accès d'humour noir et de burlesque de l'auteur… L'écriture est sans aucun doute puissante et cruelle, alors si vous cherchez de la guimauve, il va falloir passer votre chemin. Si ce texte vous met en "appétit", il y a ensuite le pavé qu'est Jérôme, considéré comme le chef-d'œuvre de l'écrivain (je ne m'y suis pas encore mise).

La grande vie, Jean-Pierre Martinet, éditions L'Arbre vengeur
Jérôme, Jean-Pierre Martinet, éditions Finitude


samedi 2 mai 2009

Joanna Hellgren

Découverte dans le deuxième numéro de l'excellente revue collective de dessin Kaugummi, le travail de la suédoise Joanna Hellgren… Elle ne fait pas qu'établir d'inquiétantes comparaisons entre enfants et animaux (série de dessins que j'adore), elle fait aussi de la bande dessinée.

Mon frère nocturne et Frances, éditions Cambourakis
Participation au dernier Lapin, revue collective de bande dessinée, éditions L'Association.

vendredi 1 mai 2009

Périscopages 2009 !

Le 15 mai débutera l'édition 2009 du festival rennais Périscopages, 8e Rencontres de la bande dessinée d'auteur et de l'édition indépendante, avec au programme cette année : Anna Sommer (auteure de l'affiche), Blex Bolex, Morvandiau, Geneviève Castrée, Tony Papin, Erik Kriek, The Dirty Cousins' Groixplosion, ainsi que de nombreux autres intervenants, notamment lors des assises de la bande dessinée indépendante du 2 au 7 juin. Comme toujours, tout est gratuit : expositions, concerts, conférences, rencontres, et histoire que tout le monde ait le temps d'en profiter, ça dure jusqu'au 7 juin !

Toute la programmation sur : www.myspace.com/periscopages2009

samedi 18 avril 2009

Alice Lorenzi


Alice Lorenzi est à mes yeux l'une des auteurs de bande dessinée les plus intéressants. Son univers, inquiétant, dense et passionnant, est habité d'ombres et de végétaux qui grouillent et créent une atmosphère à la fois délicate et oppressante. L'amour fini souvent dans un bain de sang, d'étranges jeunes femmes évoluent  entre rêve et cauchemar, et il paraît que dans le Nord on enterre les rivières et on les tue… Les dessins d'Alice Lorenzi dégagent puissance et beauté, amplifiés par son usage d'une certaine forme de merveilleux pour évoquer les sentiments, chacun de ses récits laissant l'impression d'un  voyage énigmatique.

Les Heures de verre, Alice Lorenzi, la 5e couche, 1ère image
Pourquoi me fuir, fanzine auto-édité (il y en a un ou deux autres), 2e image
Participations régulières au collectif Le Nouveau journal de Delphine et Marinette, Les Taupes de l'espace

mardi 14 avril 2009

Juste une image que j'aime bien

C'est une affiche promotionnelle pour un livre jeunesse, édité par une toute jeune maison, Hélium, intitulé Ma grande sœur m'a dit, écrit par Gilberte Niamh Bourget et illustré par Julia Wauters. J'avais pu découvrir le travail de cette dernière dans le fanzine strasbourgeois Écarquillettes, trimestriel de bande dessinée et d'illustration, ainsi que dans Marie-Françoise, magazine de la femme moderne sérigraphié,  publié par le collectif Troglodyte, et j'avais déjà aimé son style au charme désuet.

www.helium-editions.fr

www.juliawauters.ultra-book.com, le site de Julia Wauters
www.demaindernierdelai.over-blog.com, le blog de Julia Wauters

www.troglodyte.eu
www.troglodyte.eu/ecarquillettes/

lundi 13 avril 2009

Fuck America


New York, 1953. Jakob Bronsky hante presque chaque nuit la cafétéria des émigrants au coin de Broadway et de la 86e rue : la cafétéria où se retrouvent ceux qui ont survécu au massacre organisé. Jakob Bronsky s'installe presque chaque nuit à une des tables du fond, et s'attelle à son roman, un roman sur son expérience des années de guerre, et espère ainsi retrouver ses souvenirs. Que s'est-il passé pour la famille Bronsky, victime du régime nazi, et dont les visas pour l'Amérique sont arrivés 13 ans trop tard ?
L'écrivain émigrant et crève-la-faim, quand il ne travaille pas à  son roman, Le Branleur, vivote de petits boulots, traîne sa solitude et ses problèmes avec les femmes, compte chaque sou pour pouvoir écrire le plus longtemps sans travailler, imagine des combines pour dîner à l'œil dans un restaurant huppé, mais en Amérique comme ailleurs, tout se paie, et il vaut mieux être riche, beau et bien-portant… Parmi clochards, putes, snacks miteux, cinémas à deux sous, Jakob Bronsky, looser magnifique, s'accroche à son rêve d'être édité et fantasme sur le cul d'une secrétaire de direction de Madison Avenue.
Fuck America, d'inspiration autobiographique, fait virer le rêve américain au grotesque, et happe le lecteur par sa vivacité, en partie issue d'un sens du dialogue particulièrement efficace.

Fuck America, Edgard Hilsenrath 
Éditions Attila
www.editions-attila.net

vendredi 3 avril 2009

Dorian Pimpernel

Je ne sais déjà plus comment j'étais tombée sur la page Myspace de ce groupe discret, mais talentueux, dont l'album Hollandia est malheureusement indisponible depuis un bout de temps et qui n'a pas non plus d'actualité au niveau des concerts… Mais si vous êtes amateurs de pop un peu élaborée et tintinabulante, je vous invite à aller faire un saut sur la page du groupe et à découvrir leurs belles mélodies et leur inventivité musicale.

www.myspace.com/dorianpimpernel

jeudi 2 avril 2009

Anouk Ricard


Je viens de découvrir un petit film d'Anouk Ricard (avec Francesco Rees) où elle met en scène les personnages de sa bande dessinée Anna et Froga (2 tomes), parue aux éditions Sarbacane et destinée à la base aux enfants (mais pas à des enfants imaginaires, lisses et parfaits) et qui met en scène le quotidien d'une petite fille, Anna, et de ses amis, qui sont des animaux : jeux, blagues, bêtises en tous genres, petits événements où l'un révèle sa gourmandise, l'autre sa prétention, le tout servi par un dessin vif et très libre, qui je trouve dénote le plaisir de l'auteur. Dans le petit film, on retrouve ce même ton décalé, sens du dialogue et des situations (souvent absurdes), le goût du pastiche qu'Anouk Ricard avait révélé dans Commissaire Toumi, toujours aux éditions Sarbacane, en épinglant les séries policières et les soap-operas, et du jeu et de l'expérimentation graphique à travers les supports et les matières (comme elle l'avait fait en fabriquant les personnages de Commisssaire Toumi avec du tissu, pour introduire chaque enquête).
Pour ma part, Commmissaire Toumi est l'une des bandes dessinées qui m'a le plus amusée ces derniers temps, par sa caricature et son kitsch (une des enquêtes porte quand même sur l'enlèvement d'un chanteur des années 80), sans compter les blagues stupides de l'adjoint Stucky, avec le même attrait au niveau du dessin, et un faible pour la femme du chanteur, sorte de caniche rose à la coiffure… très 80's…

Anna et Froga, Tu veux un chwingue ?, Anouk Ricard, éditions Sarbacane
Anna et Froga, Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?, Anouk Ricard, éditions Sarbacane
Commissaire Toumi, Le crime était presque pas fait, Anouk Ricard, éditions Sarbacane

Le film :
Youtube, Anna et Froga

ranouky.free.fr
anoukricard.blogspot.com